MAIRIE DE LE BOIS

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L'histoire


Le nom de Le Bois est un toponyme très fréquent. Il vient du latin populaire Boxus, d'où boscus, lieu boisé.

 

 

 

La paroisse 


L'acte de partage de 1170, fait par l'archevêque Saint-Pierre 2, attribuait « eclessia de Sancto Nicolao » à la mense capitulaire. En 1258, dans un autre acte de partage entre les chanoines réguliers et les chanoines séculiers, Le Bois était dans le lot du Chapitre régulier de la cathédrale Saint-Pierre de Moûtiers.

 

L'église, de temps immémorial dédiée à Saint Nicolas, évêque de Myre, est isolée sur un éperon, bien à l'écart des différents villages. 

 

Nous avons peu de renseignement sur l'église avant les importantes réparations et reconstructions de la fin du 17e siècle. Cependant, il semble que le plan était une nef unique avec une chapelle sur le côté gauche près du choeur ; dédiée à Saint Jean l'Evangéliste, elle était du patronage des nobles barons du Bois.

 

Des travaux considérables, équivalents presque à une complète reconstruction, y furent éxécutés en 1683 et 1684. Le marché confiait aux maîtres maçons Louis Billiot de Moûtiers et Guillaume Cochet de Hautecour, la reconstruction du portail, la construction d'une chapelle, vis à vis de celle du seigneur baron, formant ainsi le bras droit du transept, le rétablissement des voûtes du choeur et de la chapelle du bas gauche du transept, la construction d'un oratoire ainsi que la construction des trois autels.

 

Le prix convenu était de 700 florins de Savoie et la commune devait en plus fournir deux journées d'homme par chaque feu.

 

En 1694, le retable fut refait. Le tabernacle avait été sculpté et doré en 1675 par Jacques Antoine Thodesque et Jean Marie Molin, maîtres doreurs du pays de Navarre.

 

 

 

Les chapelles rurales

La chapelle de Sainte Marguerite, au village du Crey existait depuis quelques années lors de la visite de Monseigneur l'Evêque en 1773. Elle avait été fondée par Jean Jacquemond et Jean Baptiste Bermond qui s'en étaient réservé le patronage.

 

La chapelle de Saint Pierre apôtre et de Saint François de Sales au hameau des Cours fut érigée par le chanoine Pierre Ruffier, vicaire général, dans sa propriété des Cours.

 

En aval des Echelles d'Hannibal, les romains avaient édifié un petit temple dédié à une divinité de la route. Il fut transformé en oratoire chrétien en l'honneur de la mère de l'empereur Constantin, Sainte Hélène. A l'époque romane, la chapelle à chevet semi-circulaire avait une orientation est-ouest. Le premier document écrit concernant cette chapelle est du 2 Avril 1496.

 

Toutes ces chapelles ont malheureusement disparu.

 

Le château 

La commune de Le Bois a fait partie du domaine temporel de l'archevêque de Tarentaise, au moins à la fin du 12e siècle, puis du Comte de Savoie. Nous connaissons le nom de deux seigneurs du Bois : Seccal en 1225 et Jean du Bois, damoiseau, témoin vers 1285 entre le seigneur de Briançon et l'archevêque de Moûtiers. Cette seigneurie appartint jusqu'au milieu du 16e siècle à la famille noble de Beaufort.

 

Louise Charlotte, fille de Pierre de Beaufort, lui-même frère de Jean, chancelier de Savoie, épouse Philibert de la Villane-de laudes. C'est ainsi que la seigneurie de Le Bois passe à cette famille.

 

En 1568, le duc Emmanuel-Philibert vend pour 6000 livres d'or à Philibert Villane-de-Laudes, famille d'origine lombarde, la seigneurie des quatre paroisses du Bois, des Avanchers, de Doucy et de Saint-Oyen. L'année suivante il l'érige en baronnie. A la fin du 17e siècle, la baronnie passe aux nobles Chevillard de Saint-Oyen.

 

Sur la mappe du cadastre de 1730, le manoir de Le Bois était composé d'une cour pentagonale, entourée de murs flanqués de trois tours rondes, aux angles opposés au côté qui longeait le torrent Sècheron. Après l'entrée côté sud, trois bâtiments étaient les communs : grange, étable et probablement le logement du gardien.

 

Au-dessous du château, une vaste propriété se nommait » le lot des chiens », nom qui s'est transmis. Il évoque la passion pour la chasse des Chevillards, derniers barons du Bois à la fin du 18e siècle.

 

La voie romaine

La voie romaine de Moûtiers à Notre Dame de Briançon longeait la rive gauche de l'Isère, sur la commune de Le Bois. Des sondages faits dans le défilé sur le territoire de Le bois ont montré l'infrastructure de la route : d'abord un lit de pierres plates d'une épaisseur moyenne de 0.10m, puis une couche de gros gravier sur 0.15m, enfin une couche de graviers fins de 0.25m.

Les travaux du barrage sur l'Isère ont détruit les traces des travaux faits par les romains pour franchir le passage abrupt appelé les échelles d'Hannibal. Sur une longueur de 26m à 16m au-dessus du lit de la rivière, on tailla le roc : la largeur de la voie était de 5.30m. Une rigole de 0.20m servait d'écoulement des eaux. Cette route servit jusqu'au 18e siècle, lorsqu'on établit la route provinciale sur la rive droite en 1754.

 

Un ruisseau turbulent

Au cours du 19e siecle, le Sècheron provoqua des dégâts importants. Au début de ce siècle, tout le versant du Sècheron était entièrement boisé. En 1824, la commune propriétaire des futaies vendit aux Salines de Moûtiers tous les arbres qui couvraient le secteur des Gouilles.

 

L'exploitation, à blanc étoc, se prolongea jusqu'en 1831. Après la coupe, chèvres et moutons pâturèrent à l'emplacement de la forêt et en 1840 tout le canton des Gouilles était à nu. En 1856 des crevasses, déjà produites auparavant, s'élargirent. Sous l'action des eaux souterraines et à la suite d'une neige abondante, le versant se mit à fluer par vagues successives sur plus de 200 mètres de front (2 novembre 1868). Stoppé provisoirement, le phénomène reprit le 4 avril 1869.

 

Malgré des travaux de protection, des coulées de boue se produisirent encore en 1870, 1874 et 1880. Le 27 novembre 1882, les habitants du Bourjaillet durent s'échapper par les toits. Ces diverses coulées provoquèrent l'envahissement de 40 hectares de vignes, la destruction de deux maisons. Pour y remédier, la commune vendit à l'état 27ha 96 (acte signé le 21 avril 1887). Alors, le service de reboisement fit 14890 mètres de drains et 3800 mètres de sentiers, reboisa d'abord en bois blanc, puis en mélèzes et pins cembro.



Vallée d'Aigueblanche " le débordement du torrent le Sécherons Mai 1869 "
Article de Presse Journal Le Savoyard 1869- Recherche historique ( jacques Garieri)

" Deux villages de Le Bois, la Botelière et le Borjaillet, sont situés au pied d'une montagne principalement formée de terrain d'alluvion aux couches mobiles et privées de végétation.

 

Cette montagne dite, la Gran Molia, est ravinée par un ruisseau, qui, depuis bien des années, ..." surtout depuis l'époque de sont déboisement ", a miné incessamment le massif de terre à une grande profondeur. Il en est résulté des crevasses, des érosions souterraines qui ont fini par déterminer les terribles effondrements du sol surplombant les villages.

 

Cet éboulement incessant est la cause du sinistre actuel. " Les villages, dont nous venons de parler, sont situés sur le ruisseau, qui les traverse.

 

En 1869 le ruisseau, que la pluie et la fonte des neiges ont transformé en torrent, roule des masses de terrain et des blocs de rocher de toutes dimensions.

 

Ceux-ci font halte quelquefois dans un lit du torrent, qu'ils obstruent momentanément, et alors le débordement a lieu à droite et à gauche.

 

C'est ce qui est arrivé au Borjaillet, inondé en partie, et qui a failli être englouti ces jours derniers, le spectacle est vraiment déplorable, et le danger subsiste toujours pour les deux infortunés villages. " Le cours du Sécherons grossi n'a pas ce qui s'appelle une rapidité torrentueuse, c'est une énorme masse, ressemblant à du mortier, qui s'écoule presque lentement et roule de la terre, du gravier et des blocs de pierre.

 

De temps à autre on entend, même d'une grande distance des villages menacés, comme des coups de tonnerre, de fracas sinistre annoncent les éboulements qui ont lieu dans la montagne.

 

C'est terrifiant on dirait que la montagne se dissout et s'écroule pièce à pièce. " Qu'on se figure la consternation el la désespérance des pauvres habitants de Le Bois.

 

Debout jour et nuit depuis bientôt deux semaines, ils travaillent à déblayer, autant qu'ils le peuvent, le lit du torrent, à l'encaisser au moyen d'une espèce d'endiguement fait avec des troncs d'arbres, des piquets et des pierres.

 

Hier, ils étaient à démolir le four banal, qui, se trouvant maintenant placé sur le passage des eaux débordées, les faisait dévier surtout à droite et augmentait les dangers d'inondation pour le Borjaillet.

 

Dans cette tâche incessante, ils sont aidés par les travailleurs qui leur viennent successivement des communes circonvoisines.

 

Plusieurs d'entre eux ont été déjà grièvement blessés dans les rudes travaux de sauvetage hier ou était en train de déménager et de transporter les meubles dans les hameaux supérieurs.

 

Je rencontrais des femmes portant des denrées, des berceaux et des ustensiles de ménage, des bonne vieille, qui charriait son humble mobilier était toute en larmes : " Ah ! Monsieur, n'est-ce pas affreux, ça? J'ai quatre-vingts ans, et jamais je n'avais vu une chose pareille."

 

Je tâchai de la consoler, lui disant que des secours efficaces ne manqueraient pas d'arriver et que Dieu s'en mêlerait.

La pauvre vieille se mit à pleurer de plus belle en sanglotant ces paroles : " Nos hommes n'en peuvent plus, ils sont brisés de fatigue; et d'un moment à l'autre le Sécheron va tous nous abîmer.

 

Vous voyez bien, Monsieur, que les secours n'arrivent pas! "" En ce moment, il y a interruption dans le cours du torrent et suspension de l'inondation.

 

Mais, mon Dieu ! que feront-ils, même en s'échinant de peine? tous les ouvriers, soit ceux de le Bois, soit ceux qui sont fournis par les communes de la vallée, son à bout d'efforts et sur les dents; ils ont besoin d'être relevés.

 

Celle nuit encore, ainsi que je viens de l'apprendre au moment où j'écris ces lignes, le tocsin n'a pas discontinué. " II faudrait envoyer sur place trois ou quatre cents travailleurs.

 

Ceci regarde l'administration.

 

Il y a absolument force majeure dans le désastre, c'est au gouvernement à intervenir au plus tôt son devoir de protection est là ou nulle part.

 

Le creusement du lit du torrent et l'endiguement provisoire seraient, me paraît-il, d'autant plus praticables à cette heure, que l'engorgement du couloir ordinaire et le débordement des eaux n'ont guères lieu que sur une longueur de quelques centaines de mètres, c'est-à-dire dans le parcours du torrent au milieu des deux villages.

 

A partir de là, le Sécheron reste encaissé dans an couloir assez profond et ne menace pas, " A la nouvelle grande débâcle, et surtout à l'époque du dégel printanier, si de graves mesures ne se prennent pas, le péril augmentera et la catastrophe sera plus terrible encore, les deux villages peuvent alors disparaître en une nuit, et le beau vignoble de Le Bois être envahi.

 

" On se fera une idée des effondrements survenus dans la montagne car des masses de terrain entraînes par le torrent, si l'on observe l'Isère, à l'endroit où le Sécherons' y dégorge, à la hauteur d'Aigueblanche.

 

Là la rivière, obstruée par un vaste amas terreux, se trouve rétrécie des trois quarts, et son courant réduit à une largeur de deux ou trois mètres.

 

Il en résulte un reflue qui va causer des dégâts aux propriétés riveraines d'Aigueblanche et surtout la lisière inférieure du vignoble de Le Bois, "Les bras font défaut".